UBUNTU

Retour sur une conférence aux accents humanistes

 

Ubuntu. Ce terme bantou a continué de planer dans l’amphithéâtre Kerneis, au sortir de la conférence de Souleymane Bachir Diagne le 19 juin 2019, à l’Université de Nantes. Un mot simple, qui résume en quelques lettres une soirée emprunte d’humanité et d’espérance dans un siècle troublé par les conflits, les murs, la peur et l’isolement.

« Faire humanité ensemble, et ensemble habiter la terre », tel était le titre de la conférence à laquelle les Compagnons du Tour de France de Nantes se sont joints, dans le cadre de leur partenariat avec l’Université de Nantes. La conférence, brillamment conduite par le Professeur Souleymane Bachir Diagne (photo), avait pour objet de nous faire réfléchir sur le « vivre ensemble », non pas en tant qu’individus, isolés dans une structure sociale, telle que la tribu, la nation ou un rassemblement de nations, mais en tant qu’humanité toute entière, dans ce qu’elle revêt d’universelle, avec son lot de différences et de similitudes.

Ubuntu

« Ubuntu » est le mot qui résume à lui seul ce vœu de faire humanité ensemble. D’origine Bantoue, l’expression se rattache d’abord à l’humain (« Ntu ») et concilie l’humanité et la fraternité, deux valeurs qui ne peuvent valoir qu’au-delà de toute forme de frontière, à commencer par celle de l’esprit.

Être humain, une mission

Être humain n’est pas un état de fait ou une simple réalité cartésienne (« je pense donc je suis »). C’est avant tout une mission de chaque jour, une tâche à remplir dans sa vie et dans la réciprocité. Celle de renforcer notre propre humanité à travers l’humanité des autres. Faire humanité, c’est dépasser la formule « je pense donc je suis », pour arriver à considérer que « je suis, parce que nous sommes ».

La conférence s’est ensuite poursuivie par un échange nourri avec le public, puis par plusieurs présentations de projets ou d’initiative, conduites dans cette veine humaniste.

L’école d’Éducation Populaire pour Jeunes Migrants (JEM) a présenté le travail réalisé en collectif, par plus de 80 jeunes, de plus de 10 nationalités différentes. Une fresque teintée d’une union entre des femmes et des hommes, au-delà des cultures, des continents, des couleurs et des croyances.

Sylvie REDONDO, Directrice du centre de formation des Compagnons du Tour de France de Nantes a pu présenter, au nom du consortium, le projet imaginé dans le cadre de l’appel à projet « PIC réfugiés », aux côtés de l’Université de Nantes, du groupe SOS Solidarités et de l’association « Les Entrep’ » (voir encadré).

Enfin, Sami ABUGAFAR, formateur FLE (Français Langues Etrangères) et FOS (Français sur Objectifs Spécifiques) au sein du centre de formation des Compagnons du Tour de France de Nantes, est intervenu pour témoigner de son expérience en tant que formateur. M. ABUGAFAR rédige actuellement une thèse sur ce sujet et son expérience de terrain lui permet de mieux comprendre les objectifs, les freins et les contraintes propres aux publics de migrants.